Le silence du rossignol, de Lian Hearn

à ses avances par une réserve prudente. après quoi elle avait le sentiment d'être impolie et puérile. Elle perdit de nouveau tout appétit.
Shizuka la grondait, quand elle prenait son bain du soir.
-Vous n'avez que la peau sur les os, maîtresse. Il faut que vous mangiez ! Que va penser votre époux ?
-Ne commencez pas à me parler de mon époux ! disait précipitamment Kaede. Peu m'importe ce qu'il pensera. Peut -être sera-t-il suffisamment horrifié par mon apparence pour me laisser tranquille !
Et elle se sentait de nouveau honteuse, ensuite, en pensant à la puérilité de ses propos.
Ils arrivèrent enfin à la ville de Tsuwano, en franchissant à la fin du jour un col étroit au milieu des montagnes dont la silhouette s'assombrissait déjà devant le soleil couchant. La brise effleurait les rizières en terrasses comme une vague en ridant les eaux, des lotus dressaient leurs énormes feuilles d'un vert de jade et des fleurs asuvages s'épanouissaient autour des champs dans une orgie de couleurs. Sous les derniers rayons du soleil, les murs blancs de la ville se teintèrent de rose et d'or.
-Cet endroit donne une impression de bonheur ! ne put s'empêcher de s'exclamer Kaede.
Dame Maruyama, qui chevauchait devant elle, se retourna et lui dit :
-Nous avons quitté le pays Tohan. C'est ici que commence le fief des Otori. Nous attendrons sire Otori dans cette ville.
Le lendemain matin, Shizuka apporta à Kaede une étrange tenue à la place de ses robes habituelles.
-Vous allez prendre votre première leçon d'escrime, maîtresse, annonça-t-elle en montrant à Kaede comment enfiler ses nouveaux vêtements.
Elle la regarda d'un air réprobateur
.


Dans quelque minutes tout au plus, Kaede la maudite (tous les hommes qui la désirent en meurent) va tomber amoureuse du fils adoptif de son futur époux. Rivalités de clans, combats, calme des monastères au creux de la montagne, surnaturel, amour, haines, beauté incomparable du Japon... Amateurs d'épopées et d'aventures, courez !
Le silence du rossignol, de Lian Hearn

# Posté le lundi 18 février 2008 03:44

Modifié le lundi 18 février 2008 03:56

Fascination de Stephenie Meyer

Fascination de Stephenie Meyer
Rien qu'à son expression, je compris qu'il avait escompté couper à cette question.
-Euh, Billy a sacrément bricolé le moteur... Elle n'est pas si vieille que ça, tu sais.
Il ne pensait quand même pas que j'allais renoncer si facilement ? Je ne suis pas cruche à ce point-là.
-Il l'a acheté en 1984, me semble-t-il, enchaîna-t-il.
-Neuve ?
-Euh, non; Je crois que c'est un modèle du début des années soixantes, avoua-t-il, piteux. Ou de la fin des années cinquante. Mais pas plus.
-Char... Papa, je n'y connais rien en mécanique. Je serais incapable de la réparer s'il arrive quoi que ce soit, et je n'ai pas les moyens de payer un garagiste...
-T'inquiète, Bella, cet engin est comme neuf; on n'en fabrique plus des comme ça, aujourd'hui.
«Cet engin...» Ça promettait !
-C'est quoi pas chère ?
Après tout, c'était la seule chose sur laquelle je ne pouvais me permettre de me montrer difficile.
-Euh, laisse moi te l'offrir, chérie. Une sorte de cadeau de bienvenue.
Charlie me jeta un coup d'oeil plein d'espoir. Une voiture gratuite. Rien que ça !
-Tu n'est pas obligé, papa. J'avais prévu d'en acheter une.
-Fais moi-plaisir. Je veux que tu sois heureuse ici.
Il se concentrait de nouveau sur la route. Charlie a du mal à exprimer ses émotions. Difficulté dont j'ai hérité. C'est donc en fixant moi aussi le pare-brise que je répondis :


Ça faisait longtemps que j'ai pas pris autant de plaisir à lire un livre. Quand on commence on ne peut plus s'arrêter. J'ai repris ma (facheuse) habitude de lire n'importe où et n'importe quand : dans le métro, entre les cours, dans la rue, dans ma chambre, au lieu de travailler, de mettre la table, en envoyant bouler les gens qui veulent parler... (Au moins je n'ai pas regardé de DVD) On se plonge dans l'histoire de Bella et l'on n'en sort pas complétement. La rencontre avec Edward ne laisse pas indemne

# Posté le lundi 25 février 2008 17:23

Modifié le mardi 26 février 2008 03:55

Nord et Sud d'Elisabeth Gaskell

Nord et Sud d'Elisabeth Gaskell
Dans la lignée de ses filles de pasteur anglais du XIXe siècle :
sous les draps pendant cette première nuit ; de la bonne d'enfants, qui lui avait défendu de pleurer, de peur que cela ne dérange Miss Edith ; et des larmes amères mais plus discrètes qu'elle avait versées avant que sa jolie tante, cette dame élégante qu'elle venait de rencontrer, ne monte sans bruit les escalier avec Mr Hale pour lui montrer sa fille endormie. Alors, la petite Margaret avait étouffé ses sanglots et s'était tenue immobile, faisant semblant de dormir afin de ne pas affliger son père par le chagrin qu'elle retenait devant sa tante et dont elle se sentait coupable, après de longues semaines d'espoirs, de projets et de préparatifs qu'ils avaient vécues au presbytère, en attendant qu'on lui compose une garde-robe adaptée à une existence plus élégante, et en attendant aussi que son père puisse quitter sa paroisse pour se rendre à Londres, ne fût-ce que quelques jours.
Maintenant, elle l'aimait, cette vieille chambre d'enfants, si délabrée fût-elle ; et elle promena son regard sur toute la pièce, avec une sorte de regret furtif à l'idée d'en prendre à jamais congé trois jours plus tard.
"Ah, Newton, s'exclama-t-elle, je crois que nous serons tous bien triste de la quitter, cette bonne vieille chambre.
-Oh, eh bien, Miss, pas moi en tout cas. Ma vue n'est plus ce qu'elle était, et l'éclairage est si mauvais ici que je n'arrive pas à raccommoder les dentelles, sauf devant la fenêtre, et là, il y a toujours un de ces courants d'air... de quoi attraper la mort.
-Ma foi, soyez tranquille, à Naples, vous saurez toute la lumière et la chaleur que vous voudrez. Mettez le plus de raccommodage possible de côté pour là-bas. Merci, Newton, je les descendrai, vous avez du travail."
Margaret descendit donc chargée de châles, respirant leur senteur orientale épicée. Edith dormait toujours, aussi sa tante demanda-t-elle à Margaret de servir de mannequin pour les présenter. Personne ne s'en avisa, mais avec sa taille élancée et bien prise et la robe de soie noire qu'elle portait en signe de deuil pour un parent éloigné de son père, elle mettait en valeur à merveille les longs plis gracieux des superbes châles sous lesquels Edith eût à moitié disparu. Margaret se tenait juste au-dessous du lustre, silencieuse et passive tandis que sa tante ajustait les draperies. À l'occasion, pendant qu'on la faisait tourner, elle apercevait son reflet dans le miroir au-dessus de la cheminée et souriait d'y reconnaître ses traits familiers dans les atours ordinaires d'une princesse. Elle caressa les châles qui tombaient autour d'elle en cascade, prenant

Dernier coup de c½ur, un mélange de Jane Austen et de Charles Dickens.
Pour faire simple, une jeune fille élevée à Londres chez sa tante quitte le Sud de l'Angleterre pour le Nord industriel. Dans cette nouvelle ville, cette nouvelle vie, elle développe sa conscience sociale. Elle y tisse des amitiés avec les ouvriers locaux et se heurte au patron d'une des filatures de la ville : John Thornton.
Pas la peine d'aller plus loin, vous avez deviné la fin. Et oui gagné : chacun va être frapper par l'arrogance et les manières hautaines de l'autre, quelques quiproquo vont se glisser entre eux, mais ils vont finir par tomber d'accord : ils ne peuvent pas se passer l'un de l'autre...
Bon je sais, ça rappelle quelque chose (vous ne trouvez pas, cherchez bien, plusieurs indices ont été dissimulés dans l'article...) mais c'est peut-être pour ça que j'ai tellement aimé ce livre et que je ne l'ai lâché qu'une fois fini.
Maintenant, qu'une seule chose à attendre : que le téléfilm tourné pour la BBC sorte en DVD en France...

# Posté le mercredi 19 mars 2008 14:07

Modifié le mardi 01 avril 2008 08:22

Les quatres filles du docteur March de Louisa May Alcott

Les quatres filles du docteur March de Louisa May Alcott
lui demanda Meg, surprise de voir que la paresseuse Amy était déjà sortie, puisqu'elle portait encore son manteau et son capuchon.
- Ne vous moquez pas trop de moi, Jo. Je ne voulais pas qu'on le sache jusqu'au dernier moment. J'ai seulement changé ma trop petite bouteille d'eau de Cologne contre une grande ; cette fois j'ai donné tout mon argent pour l'avoir, et je vais vraiment essayer de ne plus être égoïste. Je l'avais été hier, en pensant à en n'acheter qu'une petite.
Et Amy montra le beau flacon qui avait remplacé le premier. Elle avait l'air si humble que Meg l'embrassa sur-le-champ et Jo dit qu'elle était un bijou, tandis que Beth, courant à la fenêtre, cueillit sa plus belle rose de Noël afin d'en décorer la bouteille d'Amy.
Un coup de sonnette et le claquement de la porte de la rue leur fit vivement cacher le panier, et les petites filles étaient à table quand leur mère entra.
-Joyeux Noël ! chère maman. Beaucoup de joyeux Noëls ! crièrent-elles en ch½ur. Nous vous remercions de vos livres : nous en avons lu chacune un chapitre ce matin et nous continuerons tous les jours.
- Je vous souhaite un joyeux Noël, moi aussi mes enfants ! Je suis contente que vous ayez commencé tout de suite la lecture de vos livres, et j'espère que vous conserverez cette bonne habitude. Mais j'ai une proposition à vous faire avant que nous nous mettions à déjeuner; Il y a tout près d'ici une pauvre femme qui a maintenant sept enfants. Le dernier n'a que quelques jours, et les six autres sont couchés les uns contre les autres dans un seul lit, afin de ne pas geler, car ils n'ont pas de feu. Ils n'ont rien à manger et l'ainé des petits garçons est venu me dire ce matin qu'ils mourraient de froid et de faim. Voulez-vous, pour cadeau pour cadeau de Noël, donner votre déjeuner à cette malheureuse famille, mes enfants ? C'est une proposition que je vous fais, pas même une prière, pas même un ordre. Vous êtes libres de dire oui ou non, comme vous l'entendez.
Les quatre s½urs avaient très faim, car elles attendaient leur


XIXe siècle, roman en anglais, de jolies robes... mais cette fois j'ai changé de continents, j'ai traversé l'Atlantique pour débarquer aux États-Unis en pleine Guerre de Sécession (et pas Seccession comme on a pu le voir dans un film dernièrement).
On suit le quotidien de ses quatre s½urs, dont le père est parti à la guerre, sans décrocher. On pleure et on rit avec elles.

# Posté le jeudi 24 avril 2008 11:29

Modifié le jeudi 24 avril 2008 14:03

Mémoires d'une pirate, de Celia Rees

Mémoires d'une pirate, de Celia Rees
Je regardai William d'un air implorant.
-Je vous en prie, monsieur ! Il faut que je vous parle seul à seul, lui dis-je.
-Ça suffit, lança William à l'homme en le foudroyant du regard. Venez, euh... madame. Suivez-moi, je vous prie.
Il renvoya les hommes et m'emmena dans une réserve vide dont il referma la porte derrière nous. Avant cette entrevue, je n'avais été pour lui qu'un pirate parmi d'autres. A présent, élevant sa lanterne, il m'observa plus attentivement, cherchant à comprendre ce qui avait échappé à son attention. Je ne pus supporter cette curiosité froide, ce regard scrutateur d'étranger.
-Tu ne me reconnais pas, William ? demandai-je.
-Nancy ? (Il devint aussi pâle que le jeune matelot.) C'est toi ?
En guise de preuve, je sortis la bague que je portais en pendentif.
-Et toi, tu as toujours la mienne ?
En réponse, sa main s'éleva vers son cou.
-Oh, Nancy ! s'écria-t-il.
La réaction de William m'abasourdit. Je croyais qu'il serait bouleversé, stupéfait, voire choqué, mais il déposa sa lanterne et s'avança vers moi, ses yeux noirs brillants de larmes. Il me prit dans ses bras et me serra contre lui.
-Te voilà ! Dieu soit loué ! (Prenant mon visage entre ses mains, il me contempla comme si j'étais un objet précieux qu'il aurait perdu, puis retrouvé.) Lorsqu'on a annoncé à Port Royal que tu avais été enlevée par des pirates, j'ai bien cru que je ne te reverrais jamais. (L'expression de son visage trahissait le bouleversement que lui avait causée cette nouvelle et la peur qu'il avait éprouvée pour moi.) Nous avons envoyé des patrouilles à la recherche des misérables capables d'un tel crime. Et Dieu merci, nous les avons retrouvés ! (Ses yeux se rétrécirent.) La pendaison est une mort trop douce pour eux ! T'obliger à t'habiller en homme ! Quelle racaille ! mais maintenant, tu es en sureté. (Il me serra contre lui et m'embrassa avec toute la passion qu'il avait montrée lors de notre dernière rencontre, puis il s'écarta.) Il faut que j'aille prévenir immédiatement le capitaine, et puis nous verrons s'il y a des vêtements de femme à bord, dit-il en regardant mon costume. Tu ne dois pas supporter cette humiliation et cette gêne une minute de plus.
Alors qu'il s'apprêtait à sortir, je lui saisis le bras.
-Attends, lui dis-je, attends un instant.
-Qu'y a t-il ?
-Avant que tu ne m'amènes au capitaine, il faut que tu saches...
Je lui racontai tout. La duplicité de mes frères. Le mariage arrangé à mon insu. Tout sur Duke, Minerva, les esclaves marrons et Broom. Comment j'avais supplié les pirates de me prendre à bord. Tandis que je parlais, il arpentait le pièce. Lorsque j'eus fini, il s'approcha de moi en secouant la tête.
-Je ne comprends pas, dit-il. Comment as-tu pu te laisser entrainer dans un genre de vie si contraire à la nature ? Si contraire aux sentiments et aux instincts de ton sexe ! (Il parlait fébrilement, le visage rouge, baissant la voix comme s'il avait honte d'évoquer des sujets aussi choquants.) T'habiller... ainsi, vivre parmi ces hommes, les fréquenter librement, rester avec eux sans y être contrainte... Ce sont des pirates ! La lie de la mer !
-Je n'avais pas le choix ! Ce sont peut être des pirates, mais aucun d'entre eux ne m'a manqué de respect. Et je ne m'habille pas en homme par caprice. C'est une solution ingénieuse et pratique. Une protection.
-Tout de même... (Il avait visiblement du mal à se remettre de ce que je lui avais raconté.) Quand nous t'avons retrouvée, tu frayais avec des prostituées !
-Et alors ? Tu ne l'as jamais fait, toi ?


Bon, une fois partie sur une page qui était loin d'être la 17 , je n'ai pas pu m'empêche de recopier les deux suivantes...
Un de mes romans préférés de ma période collège, une vraie histoire de pirates, de trésors, de filles qui se battent contre les préjugés de leur condition, un pistolet dans une main et un sabre dans l'autre....

# Posté le samedi 10 mai 2008 04:09

Modifié le mercredi 14 mai 2008 08:08