Peter Pan, de James M. Barrie

Peter Pan, de James M. Barrie
Les enfants vivent les plus étranges aventures, sans en être aucunement troublés. Ainsi, une semaine après tel évènement, il leur prend l'envie de vous raconter comment, alors qu'ils se promenaient dans la forêt, ils ont rencontré leur père mort et ont joué avec lui. Ce fut de manière accidentelle que Wendy fit un matin une révélation alarmante. On avait découvert sur le parquet de la chambre à coucher des feuilles mortes, qui, assurément, ne s'y trouvaient pas lorsque les enfants étaient allés dormir? Madame Darling essayait de résoudre cette énigme, quand Wendy expliqua avec un sourire indulgent :
- Je crois que c'est encore ce Peter.
- Que veux tu dire, Wendy ?
- C'est vilain de sa part, de ne pas balayer, soupira Wendy qui était très soigneuse.

Peter venait parfois dans la chambre pendant la nuit, expliqua-t-elle mine de rien, et il lui jouait de la flûte, assis au pied de son lit. Hélas ! elle ne se réveillait jamais, aussi il lui était impossible de savoir comment elle le savait. Elle le savait, un point c'est tout.
- Tu dis des sottises, mon trésor ! Personne ne peut entrer dans la maison sans frapper.
- Je crois qu'il entre par la fenêtre.
- Ma chérie, voyons ! au troisième étage ?
- Les feuilles mortes ne se trouvaient-elles pas au pied de la fenêtre, Maman ?
C'était vrai ; c'est là qu'on les avait trouvées ! Madame Darling se demandait ce qu'il fallait en penser, tout cela semblait si naturel à Wendy, qu'on ne pouvait classer l'affaire en, prétendant qu'elle avait dû rêver.
- Mon enfant, s'écria Madame Darling, pourquoi ne pas m'en avoir parlé plus tôt ?
- J'ai oublié, dit Wendy avec insouciance. ( De fait, elle avait hâte de prendre son petit-déjeuner.)



Bien sûr, le plus beau livre de ma vie. Personne ne sera plus jamais fichu de faire quelque chose de si blanc, de si net...

# Posté le samedi 12 janvier 2008 04:47

Peau d'Ane de Charles Perrault

Peau d'Ane de Charles Perrault
Disant que s'il manquait à le bien satisfaire,
Il le ferait mourir au milieu des tourments.

Le Prince fut exempt de s'en donner la peine,
Car l'ouvrier industrieux,
Avant la fin de la semaine,
Fit apporter l'ouvrage précieux,
Si beau, si vif, si radieux,
Que le blond amant de Clymène,
Lorsque sur la voûte des cieux
Dans son char d'or il se promène,
D'un plus grand éclat n'éblouit pas les yeux.

L'infante que ces dons achèvent de confondre,
À son père, à son roi ne sait plus que répondre.
Sa marraine aussitôt la prenant par la main :
"Il ne faut pas, lui dit-elle à l'oreille,
Demeurer en si beau chemin ;
Est-ce une si grande merveille
Que tous ces dons que vous en recevez,
Tant qu'il aura l'âne que vous savez,
Qui d'écus d'or sans cesse emplit sa bourse ?
Demandez-lui la peau de ce rare animal.
Comme il est toute sa ressource,
Vous ne l'obtiendrez pas, ou je raisonne mal."

Cette fée était bien savante,
et cependant elle ignorait encor
Que l'amour violent pourvu qu'on le contente,
Compte pour rien l'argent et l'or ;
La peau fut galamment aussitôt accordée
Que l'infante l'eut demandée.

Cette peau quand on l'apporta
Terriblement l'épouvanta
Et la fit de son sort amèrement se plaindre.
Sa marraine survient et lui présenta



Ah, les contes de fée... Si ça commence mal, ça finit toujours bien.
Même si, 'c'est pas comme ça dans la réalité", ça ne fait pas de mal de rêver au prince charmant.

# Posté le lundi 14 janvier 2008 16:40

Modifié le mardi 05 février 2008 17:22

La demoiselle d'Avignon de Frédérique Hébrard et Louis Velle

La demoiselle d'Avignon de Frédérique Hébrard et Louis Velle
Bientôt les gestes se ralentirent. Les petits, suspendus, n'osaient pas bouger. François lui-même, aussi étonné qu'eux de l'histoire qu'il racontait, s'était appuyé à sa bêche - attentif à ce qui allait suivre. C'était une longue histoire de poursuite entre le chasseur et la bête, histoire pleine de péripéties, de feintes, de courses, de halètements, de dérobades dans des paysages sans cesse nouveaux, habités de divinités appropriées - qui les entrainaient au loin, franchissant fleuves, prairies, forêts, mais sachant qu'il faudrait revenir ici même, sur ce rocher, pour que l'histoire trouve son sens et soit bouclée.
Vingt fois la proie paraissait atteinte, vingt fois elle trouvait de nouvelles ressources, mais la distance qui la séparait du chasseur diminuait inexorablement. et tandis que le dénouement approchait, Koba approchait également et venait s'intégrer sans le savoir dans l'histoire que François inventait.
- ... Et alors ? demanda Sylvain.
- Quand le chasseur vit tant de larme dans les yeux de la biche, il eut pitié d'elle. Il abaissa son arc et lui dit : "Va ! je t'épargne."
- Et alors ? souffla Daphné.
- ... et alors, tout d'un coup, sous les yeux du chasseur ébloui, dans la lumière du soleil couchant, la biche prit la forme d'une longue jeune fille blonde qui se tenait debout entre les oliviers.
Koba venait d'apparaître telle que François la décrivait. Elle restait immobile, elle aussi suspendue, étourdie, ne sachant si elle vivait, si elle rêvait.
- Alors il lui dit : "Oh ! toi que j'ai poursuivie si farouchement que mon c½ur en souffre encore, es-tu mortelle ? Es-tu déesse ?"
Si bien que Koba s'entendit répondre :
- Je suis mortelle, monsieur.
À cette voix nouvelle, Daphné, Sylvain furent frappés de stupeur. Était-ce vraiment la déesse ? cette grande jeune fille blonde dont venait de parler François; Celui-ci se retourna lentement, à la fois inquiet et amusé.


Tout d'abord, il faut remercier Blandine et Anne. La première pour m'avoir fait découvrir le film, la seconde pour m'avoir prêter le livre.
Encore une histoire de princesse, me direz-vous, une histoire d'amour où à un moment tout semble fini mais finir se termine bien. "Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes" dirait un ami à moi. On peut voir ça ainsi, mais c'est aussi une histoire de Glyptothèque, d'archéologie, de ministre ayant fait l'École du Louvre...

# Posté le mardi 05 février 2008 17:53

Expiation, de Ian McEwan

Expiation, de Ian McEwan
suivaient des yeux cette dernière et l'écoutaient murmurer à l'oreille de chacun, raclant le plat d'argent avec les couverts de service. Qua'auraient-ils pu faire d'autre, quand toute l'animation de la pièce se réduisait à leur silence ? Emily Tallis n'avait jamais eu de conversation, et ne s'en souciait guère. Leon, parfaitement bien dans sa peau, nonchalament renversé sur sa chaise, la bouteille de vin à la main, en examinait l'étiquette. Cecilia, perdue dans les évènements qui s'étaient déroulés dix minutes plus tôt, n'aurait pu prononcer la moindre phrase. Robbie, habitué de la maison, se serait bien lancé, mais lui aussi était en plein émoi. Il se contentait de faire mine d'ignorer le bras nu de Cecilia à côté de lui -malgré la chaleur qu'il dégageait- et le regard hostile de Briony, assise de l'autre côté de la table, en diagonale par rapport à lui. Et quand bien même il eût été convenable que les enfants engagent la conversation, eux non plus n'en auraient pas été capables : Briony ne pensait qu'à ce qu'elle venait de surprendre, Lola était éteinte, à la fois sous le coup de son agression physique et d'un ensemble d'émotions contradictoires, quant aux jumeaux, ils étaient absorbés par leur plan.
Ce fut Paul Marshall qui brisa un long silence étouffant de plus de trois minutes. Il se recula sur sa chaise pour s'adresser à Robbie, dans le dos de Cecilia.
"Dites-moi, ça tient toujours, le tennis, pour demain ? "
Un égratignure longue de deux pouces, Robbie le nota, partait de l'angle de l'oeil de Marshall en une ligne parallèle à l'arête de son nez, attirant l'attention sur ses traits, qui, concentrés dans le haut de son visage, étaient comme ramassés sous ses yeux. Seuls quelques millimètres le séparaient d'une beauté



Le repas où tous les personnages sont réunis pour la dernière fois... quelques minutes avant la disparition des jumeaux, le viol de Lola, l'accusation de Robbie par Briony, le départ de Cecilia, le début de la guerre.

# Posté le dimanche 17 février 2008 12:27

Le journal de Bridget Jones, d'Helen Fielding

Le journal de Bridget Jones, d'Helen Fielding
-sement déformée par la vitre dépolie -et se pencher sur moi dans un éclatant deux pièces fuschia.
-Bridget ! On avait presque abandonné tout espoir ! Bonne et heureuse année ! On allait commencer sans toi.
Elle s'est débrouillée pour tout à la fois m'embrasser, m'enlever mon manteau, le suspendre, essuyer les traces de son rouge à lèvres sur mes joues et me donner un intense sentiment de culpabilité. Me suis appuyée contre une étagère pour ne pas tomber.
-Je suis désolée, je me suis perdue.
-tu t'es perdue ? Tsss ! Qu'est ce qu'on va faire de toi ? Allez, entre !
Elle m'a conduite au salon via les portes en verre dépoli, en clamant :
-Vous vous rendez compte ! Elle s'est perdue !
-Bridget ! Bonne et heureuse année ! a dit Geoffrey Alconbury, attifé d'un chandail jacquard jaune.
Puis il m'a sauté dessus et m'a serrée dans ses bras avec un enthousiasme qu'un spécialiste du harcèlement sexuel aurait immédiatement dénoncé à la police.
-Ah-hum, bredouilla-t-il en rougissant et en remontant son pantalon.
-Tu as pris quelle sortie ?
-La dix-neuf. Mais il y avait une déviation et...
-La dix-neuf ! Una, elle a pris la dix-neuf ! Tu as rallongé le trajet d'une bonne heure ! Allez, viens boire un verre. Au fait, comment vont tes amours ?
Oh mon dieu. POurquoi les gens mariés ne comprennent-ils pas qu'on ne pose plus ce genre de questions ? Est-ce qu'on leur saute sur le poil en rugissant : " Comment va votre mariage ? Vous faites encore l'amour ? " Tout le monde sait qu'au delà de trente ans les bons




Et dire qu'au bout de la... je ne compte plus les lectures... je suis toujours morte de rire, pliée en deux, bidonnée...

# Posté le lundi 18 février 2008 03:35